Nouvelles recommandations sur la bronchiolite : les kinés vous expliquent

Depuis quelques jours, et alors que la période de froid qui accompagne souvent les premiers cas de bronchiolite arrive, sont publiés de nombreux articles dans les journaux, prônant l’arrêt des prescriptions de kinésithérapie respiratoire chez les nourrissons atteints de la bronchiolite.

 

Cet engouement médiatique a pour origine la publication le 14 Novembre dernier des dernières recommandations de la HAS concernant la prise en charge de la bronchiolite.

Comme toute annonce choc de ce type, il faut prendre du recul et analyser un peu ces articles, pour comprendre qu’il s’agit en fait d’une mauvaise interprétation. Le débat n’est pas nouveau puisqu’il s’agit d’un sujet régulièrement débattu. Pour vous aider à savoir quoi faire si votre enfant est atteint de bronchiolite, voici une synthèse des recommandations que vous pouvez retenir.


Qu’est ce que la bronchiolite ?

 

La bronchiolite est une infection des petites bronches dues à des virus très fréquents et très contagieux. Même si les symptômes peuvent être impressionnants (toux, respiration rapide et sifflante, fatigue et perte d’appétit) la bronchiolite est le plus souvent une maladie bénigne et l'évolution est spontanément favorable.

Elle débute généralement par un simple rhume et une toux qui peut s'accompagner de sifflements. Elle peut être responsable de complications graves seulement chez les enfants les plus fragiles, notamment les enfants de moins de trois mois ou les bébés prématurés.


Comment la soigner ?

 

D’après ces mêmes recommandations, les traitements médicamenteux ne sont pas efficaces. Seuls des antibiotiques peuvent être prescrits dans certains cas seulement (présence manifeste ou confirmée par un examen, d’une infection bactérienne).

 

L’évolution est favorable et la maladie prend en moyenne 10 jours à partir de l’apparition des premiers symptômes.


Télécharger
Conseils parents bronchiolite
Bébé et Bronchiolite pdf.pdf
Document Adobe Acrobat 895.6 KB

La kinésithérapie respiratoire

 

Les recommandations apportent quelques points notables :

Le clapping, vibrations et drainage postural sont contre-indiqués. Rien de nouveau, puisque ces techniques sont proscrites en France depuis 1994.

 

Les techniques d'augmentation du flux expiratoire ne sont pas recommandées.
Ce dernier point est sujet à de mauvaises interprétations vis-à-vis du grand public puisque les médias, ne sachant pas toujours interpréter des articles scientifiques, en concluent que l'AFE est contre-indiqué. Sauf que le terme "non recommandé" doit être interprété comme une absence de recommandation du fait de preuves scientifiques insuffisantes. De plus, cette recommandation concerne les nourrissons hospitalisés, soit moins de 3% des bébés souffrant de cette maladie.

 

 

Par ailleurs, le rôle du kinésithérapeute ne se limite pas à la réalisation de techniques de désencombrement.

Il réalise une évaluation des difficultés respiratoires de l'enfant, un suivi régulier et une surveillance quotidienne. Il peut être amené à réorienter vers le médecin traitant ou le pédiatre, voire les urgences (si nécessaire). Enfin, il joue un rôle majeur dans l'accompagnement des parents, le conseil et l’apprentissage de technique de mouchage.

Concernant l’efficacité de cette approche pour les nourrissons adressés au kinésithérapeute en ville (c'est-à-dire non-hospitalisés, soit 97% des situations). Deux études ont tout de même permis de mettre en avant la pertinence de la kinésithérapie. Sans compter que cette approche permet également de diminuer le recours aux urgences grâce au suivi effectué.

 

(Evenou D, Sebban S, Fausser C, et al. Évaluation de l'effet de la kinésithérapie respiratoire avec augmentation du flux expiratoire dans la prise en charge de la première bronchiolite du nourrisson en ville. Kinésithérapie, la Revue 2017; 17(187): 3-8.

10.1016/j.kine.2017.04.003)

(Symptomatic Effects of Chest Physiotherapy with Increased Exhalation Technique in Outpatient Care for Infant Bronchiolitis: A Multicentre, Randomised, Controlled Study. Bronkilib 2
S. Sebban, D. Evenou, C. Jung, C. Fausser, S. JC. Jeulin, S. Durand, M. Bibal, V. Geninasca, M. Saux, M. Leclerc)


Quand faut-il consulter ?

D’après a HAS, voici les signes qui peuvent vous alerter et vous amener à consulter un médecin :

• Il est fatigué, moins réactif ou très agité

• Sa respiration est devenue plus rapide

• Il devient gêné pour respirer et il creuse son thorax

• Il boit moins bien sur plusieurs repas consécutifs

 

Si votre enfant est dans l’un ou plus des cas suivants, appelez le 15 (source, ordre MK, Article de l'odre des Kinésithérapeute) :

 

Votre enfant est âgé de moins de six semaines.

• Il est né prématurément et/ou a présenté des problèmes respiratoires à la naissance et il a moins de trois mois.

• Il est atteint d’une maladie cardiaque ou d’une pathologie chronique.

• Il refuse de s’alimenter et/ou de boire.

• Il présente des troubles digestifs (vomissements, diarrhée…) qui peuvent entraîner une déshydratation.

• Son comportement se modifie (fatigue, malaise, agitation…).

• Il est pâle et/ou ses lèvres et ses doigts bleuissent.

• Il a de plus en plus de mal à respirer : sa respiration est rapide et plus courte ou irrégulière, il fait des pauses respiratoires, il présente des signes de lutte respiratoire (thorax qui se creuse).

 

 

 

Vous trouverez des fiches explicatives permettant de connaitre les bons gestes à adopter et les signes à reconnaitre, sur le site de la Haute Autorité de Santé. Le site comporte également des fiches outils de conseils aux parents.